Lieux mystérieux

LIEUX MYSTERIEUX ET ETRANGES

La Terre : une planète sous haute surveillance...

Nous croyons tout connaître de notre planète. Les réseaux satellite ont succédé aux grandes missions d'exploration et la moindre parcelle de terrain semble désormais ne plus avoir de secret pour l'homme. S'il est incontestable que les progrès technologiques donnent une vision apparemment "maîtrisée" de la Terre, bien des lieux gardent encore une part d'inconnu tant dans leur histoire et géographie que leur étrange comportement.

  • Triangle des Bermudes
  • Ile de Pâques
  • Stonehenge
un mystère d'actualité
Des statues pointées vers l'infini

le mystère des pierres

Pendant près de quatre millénaires, sur les collines dénudées du comté de Wiltshire (Cornouailles, Grande Bretagne), demeurait un alignement de pierres nommé Stonehenge. Battu par les vents et les pluies, grillé par le soleil, il traversait les siècles dans l’indifférence des hommes. Trop lourds, trop hauts, trop durs, les mégalithes n’intéressaient personne. A peine quelque paysan levait-il les yeux sur ce qui, à y regarder de plus près, constitue pourtant un bien étrange « monument ».

Il est composé de trois cercles concentriques dont le premier, d’un diamètre de près de 110 mètres, est entouré d’un remblai et d’un fossé peu profond. L’entrée principale est orientée vers le nord-est et on note la présence d’une entrée plus petite vers le sud. Il est composé de trente monolithes de grès tachetés de lichens qui mesurent jusqu’à 5 mètres de haut et pèsent chacun près de 50 tonnes. Quelques linteaux, fixés au moyen de tenons et de mortaises, sont encore posés à leur sommet. A l’intérieur, s’élève un double cercle concentrique formé de soixante-seize pierres dressées. Le cercle intérieur a un diamètre d’environ 30 mètres.  

Les archéologues datent cet édifice entre 1700 et 1550 avant notre ère, soit à la fin du néolithique. Toutes les pierres n’ont pas la même provenance. Les dolérites bleues relativement petites, composant le cercle intérieur qui est probablement le plus récent, viennent des monts Prescelly, au sud-ouest du Pays de Galles, distants de près de 200 kilomètres. Il en est de même pour la ryolite composant le deuxième cercle d’édification. L’alignement extérieur est composé de grès local couramment appelé sarsen, extrait d'une carrière située à une trentaine de kilomètres de Stonehenge, dans les Marlborough Downs.

On suppose que les blocs intérieurs, d’origine la plus lointaine, ont été transportés par voie d’eau. L'ensemble a probablement été mis en place grâce à la surface du sol légèrement en pente. Il n’y a aucune certitude quant aux techniques réellement mises en œuvre pour élever cet édifice. Des expériences ont montré qu’un groupe d’homme bien organisé pouvait déplacer de très lourdes charges avec des moyens rudimentaires tels que des leviers (destinés à vaincre la force d’inertie), des cordes, des rondins passés sous les pierres, un chemin d’argile aménagé pour rendre le sol plus glissant etc.

L’énigme posée par Stonehenge ne réside pas tant dans sa technique d’édification que dans sa destination. A quoi donc pouvait servir cette construction colossale, posée au milieu de la lande nue ?

Une première légende affirme que les 460 pierres de Stonehenge seraient autant de monuments funéraires élevés à la mémoire de 460 seigneurs de Cornouailles massacrés par les Saxons. Le roi Arthur aurait consulté l’astrologue et magicien Merlin, lequel lui recommanda d’envoyer des hommes en Irlande dérober le « ballet des géants », un fameux monument glorifiant des vertus de courage et d’endurance. Hélas, les pierres étaient si lourdes que les guerriers furent incapables de les déplacer. Merlin aurait alors prononcé une formule magique si bien que les blocs, devenus brusquement très légers, purent être embarqués sans encombre et convoyés jusqu’à Stonehenge où ils se trouvent encore.

Cette explication populaire dura des siècles, jusqu’à ce que des chercheurs s’intéressent scientifiquement à la destination de cet alignement. Il apparut clairement que des confréries druidiques avaient utilisé le lieu pour des pratiques cultuelles, mais que ce n’était pas nécessairement la destination première de ce monument. En fonction des blocs tombés à terre et des découvertes d’autres dolmens, cromlech et alignements, on fit une reconstitution théorique de l’édifice initial. A environ 80 mètres du centre du système, était dressée une énorme pierre taillée nommée, à cause de sa forme particulière, « la pierre guidon » et au centre du premier cercle se trouve une pierre-autel. C’est elle qu’entoure le cercle central, dont les blocs semblent être regroupés par trois.

On a rapidement constaté que l’ensemble correspondait à des directions remarquables du soleil. Sa forme circulaire conduisait à supposer qu’il pouvait s’agir d’une sorte d’observatoire primitif, en relation avec le soleil, la lune et certaines étoiles. En 1901, sir Norman Lockyer, directeur de l’observatoire de Kensington, prit les mesures exactes de l’emplacement des pierres. Il était convaincu que Stonehenge avait été édifié par des druides adorateurs du soleil. Il a donc calculé à quel endroit exact celui-ci se levait à l’époque de la construction du site : il se trouve que c’était exactement dans l’axe de la « pierre guidon ». Même s’il n’avait pas vocation cultuelle, il semblait bien que le monument servait à mesurer le temps. Les premiers fermiers de la région se servaient peut-être des indications fournies par ce gigantesque calendrier pour déterminer les saisons et savoir quand semer et récolter. 

En 1964, un astronome américain releva les coordonnées de plus de deux cents repères à l’intérieur du monument : pierres, trous, fentes etc, et calcula toutes les directions déterminées par ces repères. Dix correspondaient à des azimuts solaires, quatorze à des azimuts lunaires et vingt-quatre alignements indiquaient que le soleil se levait exactement au-dessus de la pierre guidon le 21 juin, jour du solstice d’été. Toutes les directions partaient du centre exact de Stonehenge, confirmant ainsi que le site était un antique observatoire. C’était également un calculateur graphique dans la mesure où il était possible de calculer, au moyen de marqueurs placés dans certains trous, l’arrivée d’une éclipse.